Sauver Archun, Episode 1 et 2 : Archun à l’hôpital

La greffe de peau, première opération de la série de traitements prévus, a eu lieu le 26 Juin, réalisée par le professeur Mimoun, venu exceptionnellement opérer à l’hôpital Trousseau (son service se situe à l’hôpital Saint Louis), en étroite collaboration avec l’équipe d’orthopédie dirigée par le professeur Vialle, et l’équipe de chirurgie plastique des grands brûlés de l’hôpital Trousseau.

L’opération s’est bien passée, mais elle a été très lourde : L’intégralité de la peau du dos, du cou, du côté et un peu du ventre a été retirée… et remplacée par la peau de son crâne et de sa cuisse gauche. Une greffe particulièrement étendue… très douloureuse donc, et rendant les soins post-opératoires particulièrement complexes.

Il a ainsi passé trois semaines dans le service de réanimation et de soins intensifs… Il est passé par des moments extrêmement difficiles : douleurs, fièvre, insuffisance respiratoire du fait de ses poumons comprimés, nourriture  par une sonde… Chaque jour apportant son lot de complications : agrafes qui sautent en raison de sa peau trop fine, blessures qui se rouvrent… Et la nécessité d’une anesthésie générale chaque matin afin de pouvoir effectuer les soins de la zone de greffe, trop douloureux sans endormissement…

Et pour couronner le tout (c’est le cas de le dire !), à peine commençait-il à récupérer de son état de souffrance extrême qu’on lui posa le halo crânien destiné à le mettre en extension dans un centre orthopédique pédiatrique à sa sortie de l’hôpital… le pauvre chéri  a été d’un courage exemplaire et a subi ce calvaire sans broncher.

Je tiens à remercier le Professeur Mimoun pour cette exceptionnelle intervention, mais aussi le professeur Vialle, également présent, ainsi que les médecins et assistants qui ont participé à l’opération, et souligner l’exceptionnelle compétence des équipes de soins intensifs et de réanimation de l’hôpital Trousseau, leur gentillesse, leur patience, leur douceur…

Puis, à peine sorti des affres des cette première intervention, Archun fut envoyé dans un centre orthopédique pédiatrique, situé à Bullion, dans la vallée de Chevreuse, afin de mettre son rachis en extension pour le préparer à l’opération suitante, celle de la colonne vertébrale. Les débuts furent extrêmement douloureux : Je vous laisse imaginer la souffrance qu’a été la sienne d’être mis en traction sur une peau qui venait d’être greffée et n’avait pas encore cicatrisé ! Un vrai cauchemar. Mais cela était nécessaire pour éviter que la ‘nouvelle’ peau ne se rétracte.

En traction nuit et jour… Le pauvre enfant n’en pouvait plus, de douleur physique, et aussi psychologique : il ne voyait pas le bout de ce long calvaire… Et son pays, sa langue, ses coutumes, son père, sa tante, les enfants de l’orphelinat lui manquaient… malgré nos efforts pour le distraire…

Voyant son désespoir, et le sentant véritablement déprimé, nous avons lancé un appel aux cambodgiens de France afin de trouver des personnes acceptant de venir lui rendre visite, lui apporter quelques petits plats de son pays, lui parler sa langue, le réconforter… et cela a magnifiquement réussi : grâce aux nombreux appels reçus, nous avons pu établir un planning de visites quasi quotidiennes !

Je souhaite souligner cette belle solidarité qui lui a rendu le sourire ! et lui a permis de s’ouvrir un peu et de communiquer et jouer avec les autres enfants de l’hôpital.

Le grand jour approchant, Archun fut rapatrié à l’hôpital Trousseau début Octobre afin d’y être opéré par le professeur Vialle, de cette fameuse opération finale devant lui rendre forme humaine : fixer toutes les vertèbres de sa colonne sur une tige centrale, redresser le bassin, les épaules, libérer les poumons….

Lire la suite dans l’épisode 3 : ‘Archun Vivra !’ (A venir)