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Ensemble, sauvons Archun

Projet de soutien à une opération chirurgicale majeure destinée

 à sauver la vie et le corps d’un jeune cambodgien grand brûlé de 13 ans

Brûlé à l’âge de 2 ans dans un incendie, Archun présente une séquelle grave sur toute la partie gauche de son dos :  la peau s’est nécrosée, et n’à donc pas pu accompagner la croissance de son corps. La colonne s’est  développée vers la droite, déformant le dos et le bassin, laissant Archun difforme et bancal. Mais ce qui est pire, c’est qu’elle compresse la cage thoracique, le condamnant à terme à une mort par étouffement….

Pour le sauver, il faudrait une opération majeure que seuls deux grands spécialistes à Paris envisagent d’exécuter conjointement : Le professeur MIMOUN, de l’hôpital Saint Louis, et le professeur VIALLE, de l’hôpital Trousseau.

Pour lire le récit de cet enfant, projet Archun

Nous avons créé une cagnotte pour Archun, si vous souhaitez nous aider à le sauver, cliquez ici

 

 

 

 

 

Foyer de Sré Ampil : réfection du circuit hydraulique

TRAVAIL DE RÉFECTION DU CIRCUIT HYDRAULIQUE

ET D’ASSAINISSEMENT DES EAUX

 CONTEXTE

Le foyer de Sré Ampil nécessitait une réfection totale du circuit hydraulique : gouttières déchirées qui ne retenait plus d’eau, et n’étaient plus reliées à aucune canalisation souterraine ou aérienne, eau des puits non conforme à la consommation, nappe phréatique contaminée faute de fosses septiques… Bref, un grand chantier que nous avons commencé à mettre en oeuvre avec la collaboration première de Solida’rire,  Association de jeunes en école d’ingénieurs, et de la SAUR, l’un des premiers distributeurs d’eau en France, avec lesquels nous avons pu, grâce à leur expertise, déterminer le type de solution à prévoir pour permettre l’utilisation et la consommation de l’eau. 

La réfection du circuit hydraulique a été effectuée, reste à mettre en place les solutions d’assainissement des eaux, et surtout la mise en place de fosses septiques afin que la nappe phréatique ne soit plus contaminée par des bactéries parfois assez graves.

 ci-après tous les stades de la mise en place de ce projet par l’équipe de jeunes ingénieurs

En Juin, venez danser sous les étoiles !

En Juin (dès que nous aurons la date nous vous la communiquerons),  venez danser au  Bal de la Mairie du XVI° arr. !

Chaque année, la Mairie du XVI° organise au mois de Juin un grand Bal Champêtre. Venez danser sous les étoiles sur une piste montée au centre du parc Sainte Périne ! Un orchestre et une sono vous accompagneront tout au long de cette mémorable soirée où vous danserez sur tous les rythmes ! Vous pouvez venir tôt en famille car les jeunes sont les bienvenus, ou bien plus tard entre adultes.

Prévoyez de dîner sur place : Une buvette (hot-dogs, pizzas, sandwiches, gâteaux, boissons,…) vous permettra de vous restaurer pendant toute la soirée. Elle est au profit de l’association.

Entraînez des amis, l’entrée est gratuite, et l’ambiance garantie (d’ailleurs, c’est aussi vous qui la mettrez !)

Lieu : Parc Sainte Périne, entrée par le 39 rue Mirabeau – 75016 PARIS – De 19h à 1h

Projet scouts : Une porcherie pour l’orphelinat (épisode 1)

 

Image avec les enfants de l'orphelinat

Une ferme porcine
pour l’orphelinat des Enfants de la Paix

Voilà un beau projet qui a fédéré différents acteurs pour plus le plus grand bonheur des enfants :

Comme vous le savez, nous avons souhaité, depuis plusieurs années, soutenir les deux orphelinats dirigés par son Excellence SON Soubert, cambodgien ancien élève de Franklin, à Paris, qui a consacré sa vie à ces enfants, en commençant par réunir ceux, trouvés dans la rue après le génocide, dont les parents avaient été massacrés par les khmers rouges, afin de les nourrir, leur donner une famille et une éducation, puis un métier.

S.E.SON Soubert nous a sollicités pour la construction d’une ferme porcine, afin de permettre aux enfants une alimentation équilibrée dans laquelle entre, outre le riz et les légumes, des protéines animales.  Et qui puisse aussi être une source de revenus, notre souhait étant que ces orphelinats deviennent indépendants financièrement.

Nous avons tout de suite souscrit à cette idée, non seulement pour l’aspect nutritionnel, qui est important, mais aussi pour la dimension pédagogique du projet, sachant que les enfants de l’orphelinat vont s’occuper de la ferme après les cours. Et parce qu’il s’agit réellement de développement durable.

Nous avons donc accepté de financer ce projet, et proposé à deux troupes de scouts de partir en commencer la construction, sous la direction d’un maçon,  pendant l’été 2014.

Les Pikascouts

Les Pikascouts

La première troupe est celle des Pikascouts d’Argenteuil (Scouts et Guides de France), troupe composée de quatre filles  dynamiques et sympathiques : Maguelone, Audrey, Cécilia et Emilie.

 

l'équipe de la Pomme Verte au départ pour Phnom Penh !

l’équipe de la Pomme Verte – départ pour Phnom Penh !

 

 

La deuxième troupe est celle de la Pomme Verte de Valbonne (Scouts et Guides de France), troupe composée de quatre garçons enthousiastes et bien organisés : Gauthier, Yvan, Gabriel et Damien.

 

 

Pour créer ce projet de solidarité internationale, ces jeunes ont du établir un budget prévisionnel, rédiger un dossier de subventions, rechercher des fonds, préparer le matériel et de finaliser les contacts sur place… Ils ont travaillé ce voyage une année entière pour finalement vivre cette  aventure humaine extraordinaire pendant trois semaines!

Leur journée était rythmée par les activités sur place : Le matin, construction de la porcherie, l’après-midi jeux et activités manuelles avec les enfants, auxquels ils donnèrent également quelques cours de français, d’anglais… et de respect de l’environnement ! Il est à noter qu’ils ont d’eux-même décidé, devant le dilemme que représente la collecte des déchets lorsqu’il n’existe pas de ramassage, de construire des ‘poubelles-incinérateur’ afin qu’une grande partie des déchets de l’orphelinat puissent être incinérés, contribuant ainsi au maintien de la propreté sur place. A travers tous ces moments partagés, des liens très forts se sont créés avec les enfants. Les adieux furent déchirants…

Ces jeunes, qui ont gagné leurs galons de « Scouts du Monde » (qui valide les projets de citoyenneté mondiale) sont rentrés des étoiles plein les yeux et la joie au cœur. Ils ont ensuite témoigné de leur aventure lors d’une soirée festive où ils ont pu raconter comment ils ont construit leur projet, ce qu’ils ont vécu au Cambodge , ce qu’ils en ont retiré, etc…

C’est grâce à divers soutiens que nous avons pu financer cette action, mais nous voulons citer plus particulièrement  la troupe de théâtre des Bonvoisins, troupe angevine dirigée par la très talentueuse Irène de Malleray,  qui ont donné une représentation de Blaise au profit de notre association, et que nous voulons remercier ici de tout coeur, ainsi que tous les acteurs de la troupe qui ont joué pour nous : Anne-Françoise de Bournet, Béatrice Chevalier du Fau, Vincent Goldie, Alix de La Gillardaie, Lucia de Murard, Benoit du Peloux et Françoise de Rénéville.

Troupe des Bonvoisins

Troupe des Bonvoisins

Film : ‘Angkor, l’aventure du Baphuon’

Le film de Didier Fassio ‘Angkor, l’aventure du Baphuon’ a été projeté lors de la Vente de Noël qui a eu lieu à la Mairie du XVI° les 9 et 10 décembre 2011,  grâce au prêt de l’association C tout Com ! 

Au Cambodge, les temples d’Angkor vestiges du fabuleux royaume khmer, dégagent une incomparable poésie.  Une atmosphère où planent les mystères d’une civilisation flamboyante brutalement disparue, laissant ses chefs-d’œuvre dépérir dans la jungle.

Quand les explorateurs de la fin du XIXe siècle découvrent ces ruines, à l’émerveillement succède l’inquiétude, les monuments sont très endommagés. Un temple gigantesque, le Baphuon, le deuxième en taille après Angkor Vat, est même
au bord de l’effondrement. Commence alors une incroyable aventure, celle d’un chantier qui durera plus d’un siècle. Un chantier maudit, où plusieurs générations de chercheurs, d’archéologues et d’architectes vont combattre sans relâche,
avec un seul objectif : sauver le Baphuon.

 En 1995, l’architecte Pascal Royère  prend en charge la restauration du Baphuon qui ressemble alors à une triste colline
cernée par la jungle. En dégageant cette végétation, Pascal Royère découvre plus de 300.000 pierres qui  proviennent
du temple. Une sorte de gigantesque puzzle qu’il a pour mission de remonter. Un travail titanesque d’autant que l’image de fond, le modèle qui sert à reconstituer ce puzzle a disparu ! Ce qui apparaît un peu “cauchemardesque” pour ce jeune architecte de trente ans.

 Pourquoi le Baphuon a-t-il été si méthodiquement démantelé ?  Comment expliquer ces alignements méticuleux qui ne ressemblent ni aux ravages d’une guerre…Ni aux assauts du temps…?

Pour  sauver le Baphuon, Pascal Royère doit résoudre ces énigmes en se plongeant dans l’histoire des restaurateurs d’Angkor depuis le début du vingtième siècle.  Mais surtout comprendre par qui, pourquoi et comment fut érigé ce temple au onzième siècle, au temps de la majestueuse civilisation khmère? Sans oublier la mystérieuse présence sur la face Ouest du temple du plus grand Bouddha couché d’Asie. Un Bouddha qui semble bien postérieur au reste du monument !

Le film “Angkor, l’aventure du Baphuon” raconte l’histoire de ce gigantesque temple, dont la restauration au vingt et unième siècle est le plus grand chantier archéologique au monde. Cette épopée  se nourrit de l’histoire dramatique du Cambodge au vingtième siècle et celle, mystérieuse, de la civilisation angkorienne du Onzième siècle.

Nous vous tiendrons informés des prochaines projections de ce film. Si vous souhaitez assister à l’une de ces projection, merci de nous en faire part en nous écrivant à : contact@objectifcambodge.org

Spectacle

Le dernier spectacle “Danses Sacrées et Traditionnelles du Cambodge”, qui a eu lieu au théâtre de Neuilly sur Seine, fit découvrir aux public neuilléen, mais aussi à de nombreux spectateurs venus de partout, l’un des aspects les plus mythiques de la culture khmère.

Ce ballet, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, avait déjà séduit le sculpteur Rodin en 1906, au point qu’il a réalisé 150 dessins et aquarelles des différentes positions des danseuses cambodgiennes, et qu’il en a dit “Je les ai comtemplées en extase, et quand elles partirent, je fus dans l’ombre et le froid : je crus qu’elles emportaient la beauté du monde…”.

Cette soirée, organisée par notre association en partenariat avec Son Altesse Royale la Princesse Norodom Vacheahra, et grâce au sympathique soutien du Maire de Neuilly, Monsieur Jean-Christophe Fromantin, était placée sous le haut patronage de Son Excellence Kek Sysoda, Ambassadeur du Cambodge auprès de l’Unesco, et de déroula en présence de Son Excellence Uch Kiman, Ambassadeur du Cambode en France.

Ce fut un franc succès : La salle était comble, et le ballet réalisa une prestation exceptionnelle.  Les danseuses, vêtues de somptueux costumes, évoluaient avec une grâce envoûtante.

Une tombola, composée de nombreux lots, dont le premier prix était une montre suisse de marque Delance de plus de 5 800 euros, fut organisée.Pour voir le premier prix, cliquez ici

Récit d’une mission

Carte de la missionGrâce à tous ceux qui nous aident financièrement ou matériellement, nous pouvons mener à bien nos missions d’amélioration des soins médicaux, sauvant ainsi des vies en apportant à des hôpitaux pour les pauvres, si démunis de tout, du matériel médical et des médicaments, en formant les équipes médicales et les équipes de maintenance, en travaillant sur de nouveaux projets comme celui d’un centre ambulant de dépistage du cancer, etc… Récit d’une de nos missions.

Le départ

Le Dr Denys Coester, anesthésiste, le Dr Valérie Coester, généraliste axée pédiatrie, David Boyer, ingénieur biomédical, El Sim, assistante médicale qui sera notre traductrice, et moi-même, embarquons pour le Cambodge, où nous devons retrouver notre « envoyé spécial », François Guiard, qui fait pour nous un remarquable travail de préparation de notre mission, organisant toute la logistique sur place. équipe d’Objectif CambodgeSothon Hua, notre vice-président, doit nous rejoindre quelques jours plus tard. Dans la soute, plus de 250 kg de matériel médical à installer dans les hôpitaux scopes, défibrillateurs, saturomètres, laryngoscopes, tensiomètres, oxymètres, respirateurs, moniteurs, pousse-seringues, etc…) , et quelques cartons de médicaments, ainsi que des produits de puériculture (lait, biberons, …) collectés grâce à la participation du groupe Total. Nous allons enfin voir la réalisation des efforts communs de tous ceux qui nous ont soutenus.

L’arrivée

Nous arrivons à Phnom Penh à 10h15 du matin. Il fait doux, la chaleur brûlante du milieu de la journée épargne encore ces heures matinales. Les arbres sont en fleur, c’est un bonheur pour les yeux.

Nous sommes accueillis par François, et par le secrétaire de mon ami le Prince Tesso Sisowath, qu’il nous a envoyé pour nous faciliter la sortie en douane du matériel médical qui pose problème car c’est dimanche, il n’y a pas de responsable pour nous signer les documents nécessaires à leur sortie du magasin de douane. Tractations à la douaneIl faudra des heures de tergiversations, et des coups de fils à n’en plus finir (nous avons dû aller jusqu’à déranger le vice-premier Ministre !) pour qu’enfin ils finissent par nous laisser emporter le matériel.

Après avoir posé nos affaires dans la petite guest house très correcte dénichée par François, Valérie et Denys m’accompagnent au Palais Royal où réside le Prince Thomico Sisowath, conseiller du Roi, pour lui présenter notre mission.

Pagode d’Argent Stuppa royale Palais Royal
Je suis heureuse de retrouver ce visage familier que je n’avais pas vu depuis près de 15 ans ! Il étudie attentivement le dossier, approuve notre démarche pragmatique, et nous donne quelques judicieux conseils. Puis je laisse ma petite troupe prendre un premier contact avec la ville pendant que je vais rendre visite au vice Premier Ministre, Keo Puth Rasmey, lui aussi un ami de longue date, à qui je souhaitais également présenter notre projet global d’équipement des hôpitaux provinciaux et de formation de techniciens biomédicaux. Lui aussi nous encourage à poursuivre dans la ligne d’action que nous nous sommes fixée. Graines de lotusAprès ces cordiales retrouvailles, je rejoins les autres qui ont commencé à découvrir l’univers Phnom Pennois : ses rues bruyantes et animées, ses petites échoppes, ses marchés, ses marchands ambulants, ses cyclopousses, ses tuc-tuc, (voiturettes tractées par une moto, qui servent de taxi),

Vendeur ambulant Cyclopousse Tuc Tuc

les nombreux bonzes qui colorent le paysage de leurs robes safranées, Bonze en robe safranéela façade nostalgique de quelques palais coloniaux abandonnés… Et nous allons dîner le long du quai Sisowath, sur les bords de la rivière, le Tonlé Sap, où se concentre toute la vie nocturne de la ville.

Au bord du lac Tonlé Sap
Nous ne nous attardons guère, la fatigue du voyage nécessitant une bonne nuit de repos.

Réveil à 6h. Avant de partir vers le premier hôpital, nous décidons de plonger directement dans la culture du pays et de prendre un petit déjeuner à la cambodgienne : Soupe de nouilles ou de riz. C’est pour les membres de notre équipe le moment inoubliable de découvrir le Marché Central ! De puissantes effluves vous accueillent dès l’approche de ce grand marché couvert où, serrées les unes contre les autres, ne laissant au visiteur que d’étroits couloirs pour se déplacer, les échoppes offrent, dans un indescriptible fouillis organisé, les choses les plus variées : des articles ménagers côtoient le poisson, la viande, les fruits, qui sont étalés par terre dans des paniers… L’hygiène n’est guère au rendez-vous et on manque de déraper sur les détritus… cuisinière traditionnelle au charbonA côté sont installées des paillasses en céramique derrière lesquelles d’antiques fourneaux chauffent inlassablement les soupes du matin. Les clients (rarement européens !) s’installent devant et commandent leur bol de soupe. C’est ce que nous faisons, pour notre plus grand bonheur, car tout est d’une saveur exquise !

La route vers la province

Nous prenons enfin la route pour Kratié, province située vers l’Est du pays, dans notre mini-car conduit par un bien sympathique chauffeur qui nous accompagnera tout au long de notre périple.

La route est longue et pourrait être monotone si nos regards n’étaient continuellement attirés par les paysages qui défilent, les animaux en liberté qui traversent la route paisiblement, obligeant le car à freiner et à faire des circonvolutions pour les éviter de justesse !, les petites masures sur pilotis, qui protègent des inondations lors de la mousson, et permettent aux bêtes de trouver un abri d’ombre lors de la saison sèche. Certaines de ces habitations sont si délabrées qu’elles nous donnent la mesure de la pauvreté dans laquelle ces gens vivent, sans électricité bien sûr, mais surtout sans eau : Ils récupèrent l’eau de pluie dans de larges jarres situées devant leur maison, et à la saison sèche, dans n’importe quel petit marigot qui sert hélas à bien d’autres choses…
Maisons sur pilotis
Il y a aussi l’heure de la sortie des classes, avec les collégiens et surtout les jolies collégiennes en uniforme impeccable, jupe bleu marine et haut blanc tranchant sur leur peau hâlée, toutes juchées sur leur vélo, formant ainsi d’interminables files de cycles qui bordent la route, les cheveux tirés en arrière et leur queue de cheval battant le rythme de leur pédalage. Vision délicieuse…

Il y a enfin les haltes, où nous nous arrêtons pour déjeuner, et où une nuée d’enfants se précipitent sur nous pour nous vendre des fruits tout préparés, ou de magnifiques araignées noires grillées, grandes comme leur main, que nous refusons poliment, en essayant de ne pas laisser paraître notre dégoût ! Marchands d’araignéesLes sauterelles grillées n’ont pas plus de succès auprès de nous, pas plus que les énormes cafards frits, ou les gros vers à soie (qui bien que grillés se tortillent encore !)…

Nous nous gavons de fruits : mangoustan, ramboutans (sortes de gros litchis dont la gangue rouge est hérissée de piquants souples), mangues, longanes, ananas, mini-bananes, fruit du Jacques, graines de lotus…
Plateau de fruits Panier de graines de lotus

Régulièrement, nous nous arrêtons aussi pour nous désaltérer soit grâce à une noix de coco dans laquelle on trempe une paille pour en boire le jus, soit avec un jus de canne à sucre pressé devant nous a l’aide d’une antique machine actionnée par une manivelle qui fait penser aux essoreuses manuelles d’antan.

Kratié

Nous arrivons enfin à Kratié, charmante petite ville bordée d’une jolie rivière, moins polluée que le Tonlé Sap.
barque traditionnelleAu bord du fleuve

Nous nous rendons directement à l’hôpital. Le Directeur de la province pour la Santé, le Dr Saem Chaem, averti de notre visite, vient nous rejoindre, et nous fait faire, avec le directeur de l’hôpital, la tournée des lieux. Nous sommes ébahis de la pauvreté, de l’état de délabrement, et surtout de l’absence de matériel acceptable, ou de matériel tout court. Il n’y a même pas l’eau courante… Ce qui nous frappe également, c’est que le peu de matériel existant est souvent relégué dans un coin parce qu’il ne marche plus et que personne ne sait le réparer, d’où l’urgente nécessité de former des techniciens biomédicaux cambodgiens pour en assurer la maintenance.

Vieux lits à l’hôpital lits en métal

A notre arrivée, le Directeur de l’hôpital, chirurgien de son état, était en train d’opérer, dans une salle sans aucune asepsie, où on entre et sort comme dans un moulin, un malade atteint d’une tumeur à l’estomac, si grosse qu’il n’a pu en enlever qu’une partie, le reste touchant des organes vitaux… A la question de savoir s’il allait faire analyser ce qu’il avait enlevé pour déterminer s’il s’agissait d’un cancer, il a répondu que ces analyses sont trop coûteuses, et que cela serait inutile puisqu’on ne pourrait pas le soigner : Aucun traitement du cancer au Cambodge, à part dans un centre à Phnom Penh, où le malade n’a évidemment pas les moyens de se rendre, ne pouvant payer ni le transport, ni l’hospitalisation. L’aspect de la tumeur ne laissant aucun doute sur son caractère cancéreux, on ne peut donc rien faire pour lui. Comme il est dur de se sentir impuissant face à l’inéluctable… Ce qui est aussi intolérable, c’est de se dire que sa famille a dû s’endetter, peut-être certains se prostituer (réalité hélas quotidienne pour ceux qui ne peuvent pas payer), pour réunir l’argent nécessaire à cette opération, qui ne le sauvera pas…

Une vie sauvée…

Un bébé sauvéDans le service pédiatrie, un nouveau-né dont la mère est morte en couches dort dans un hamac que sa grande sœur, elle-même hospitalisée pour la fièvre jaune, balance sans relâche. Le médecin nous explique qu’il n’a pas beaucoup d’espoir, compte tenu du fait q’ils n’ont pas de lait pour bébé… C’est alors que nous réalisons que nous arrivons à temps pour sauver cet enfant : Grâce à une collecte effectuée au sein du groupe Total, nous avons pu apporter des boîtes de lait et des biberons ! Nous nous précipitons dans le car et rapportons, émus, ce qui va permettre de sauver une vie…

Kratié (suite)

Déchargement du matériel Déballage médicaments

Après la visite des différents services, nous faisons une étude approfondie du type de matériel adéquat pour les différentes salles de l’hôpital, en fonction de toutes sortes de paramètres techniques ou fonctionnels, et déchargeons le matériel à installer le lendemain, ainsi que les médicaments que nous leur avons apportés, Vidal à l’appui. Puis nous repartons, le jour tombant très tôt, vers notre hôtel et un délicieux dîner cambodgien, sous les étoiles, dans le jardin d’un restaurant, en compagnie du Dr Chaem. La particularité du Cambodge, c’est que où que l’on se restaure, même à la plus modeste table installée dans la rue ou au bord de la route, où la cuisine se fait sur un poêle rudimentaire, tout est toujours délicieux !

Un incident va malheureusement venir assombrir cette soirée : Le Dr Cheam reçoit un appel de l’hôpital : On vient de leur amener un jeune homme, victime d’une morsure de cobra ! C’est hélas assez fréquent, surtout pour ceux qui travaillent dans les forêts. Malheureusement, le seul sérum que possédait l’hôpital est périmé depuis longtemps !… Il est donc inefficace, et de toutes les manières l’équipe médicale ne savait pas trop comment s’en servir ! Par ailleurs, il n’a pas été amené à l’hôpital assez rapidement, et il est bien tard pour intervenir. Par chance, ils ont trouvé une voiture partant sur Phnom Penh et l’y ont envoyé, mais il n’y a pas beaucoup de chances qu’il s’en sorte, avec 6 heures de route qui va donner au venin le temps de faire son œuvre de destruction !…
Bébé mordu par un serpentMorsure de serpent

En arrivant à l’hôpital, le lendemain matin, hélas, une autre mauvaise nouvelle nous attend : Un petit bébé, que nous avions vu la veille, hospitalisé pour une carence sévère en vitamine B, et dont le médecin nous avait dit être très pessimiste sur son état, est décédé dans la nuit. C’est un choc pour nous tous : Un terrible sentiment d’impuissance nous envahit…. Nous aurions voulu que lui aussi, comme celui sauvé par notre lait, puisse survivre… émotionUn autre petit, hospitalisé pour les mêmes raisons, l’a remplacé, et le diagnostic n’est pas plus optimiste. La mère est là, résignée, au bord du lit, essuyant une larme de temps en temps, avec le même regard d’insondable tristesse que celle d’hier, qui sentait instinctivement comment les choses allaient se terminer. Nous décidons alors de lui donner un peu d’argent pour les frais d’hospitalisation de son bébé, qu’elle ne peut visiblement pas payer. Et si les choses tournent mal pour l’enfant, cela aidera aux frais d’obsèques…

Pour nous réconforter, nous retournons voir le bébé sauvé hier : Il se porte très bien : Lui qui la veille n’avait même plus la force de soulever ses paupières nous regarde maintenant de ses jolis yeux en amandes !

Le reste du matériel déchargé est ensuite réparti entre les différents départements : Bloc opératoire, salle de réanimation, pédiatrie et maternité…

Installation du matériel Installation du matériel Installation du matériel

La présence de Sim s’avère d’une extrême utilité pour la compréhension de l’utilisation du matériel. Elle traduit sans relâche aux médecins les indications fournies par le Dr Denys Coester et David Boyer, notre ingénieur biomédical.
Sim traduit les indications

Pour chaque matériel installé, Denys et David vérifient son bon fonctionnement et à cette fin simulent les actes médicaux associés à l’utilisation de chaque machine. Un des médecins de la clinique se porte volontaire pour les tests et s’allonge sur la table d’opération, pas trop rassuré au départ…
Test du matériel Test du matériel (2) Test du matériel (3)

Le bloc opératoire installé, nous passons en salle de réanimation, qui avant notre arrivée était non-équipée : On nous montre une salle vide, délabrée, ouverte à tous vents, sans aucun instrument, en nous annonçant fièrement : « Salle de réanimation ! » Surréaliste… A nouveau nous installons le matériel et formons les équipes médicales à leur utilisation.
Mise en place du matériel du bloc opératoire

Pendant ce temps, Valérie, Sim et moi avons commencé à distribuer des Krama, foulards traditionnels en coton à petits carreaux que nous avions achetés pour les offrir aux patients les plus démunis, et aux mamans qui venaient d’accoucher. A ce moment arriva une moto sur laquelle un homme transportait une toute jeune fille inconsciente couverte de sang : Elle venait d’être renversée par une voiture, avec sa mère, qui malheureusement était morte sur le coup… Accident de la route

Ces accidents représentent ici la majorité des décès …Heureusement, elle a repris conscience, nous avons commencé à éponger ses plaies avec les compresses que nous avions apportées, l’hôpital n’en possédant pas ( !), et il semblait, lorsque nous l’avons quittée, qu’elle était tirée d’affaire.

En route vers Pursat

Nous partons ensuite pour Pursat sans tarder, car la route est longue et nous voulons arriver le soir même, pour pouvoir être sur pied dès le lendemain tôt à l’hôpital. Nous sommes épuisés par ces deux premières journées riches en émotions. Nous ne nous attendions pas à autant de pauvreté, de détresse pudiquement cachée, de résignation, d’impuissance…

Nous arrivons tard et titubons jusqu’à notre lit. Dès le lendemain 6h30, nous sommes sur pied pour attaquer notre travail dans ce second hôpital.

A première vue, les lieux semblent en meilleur état qu’à Kratié, le jardin qui entoure l’hôpital est bien entretenu. Il semble y avoir l’eau courante, ce qui n’est pas le cas de Kratié, et les bâtiments sont bien moins délabrés.

Et pourtant, dès que nous entrons dans les différentes salles, on se rend compte que là aussi, on se trouve confronté au manque de matériel, aux machines en mal de réparation, au sous-équipement général.

Salle d’hôpital vétuste Salle d’hôpital vétuste (2)

Dans de sommaires lits en bois sur lesquels une simple natte (et encore, pas toujours !), est installée (imaginez les escarres), des malades résignés et amaigris nous regardent de leurs grands yeux enfoncés dans leur visage émacié, creusé par la douleur : les antalgiques, comme tous les médicaments, d’ailleurs, manquent de façon cruciale,… Et cependant, quelle dignité face à la douleur ! Pas une plainte ne s’élève dans les salles où quelquefois s’alignent une trentaine de lits… Et pourtant nous savons qu’ils souffrent…. Que de leçons à recevoir de ces pauvres êtres qui n’ont pas, comme nous, la chance d’être soignés dans les conditions que vous connaissez tous…

salle commune
Nous installons donc, là aussi, de nombreux postes de travail, et réparons le matériel défectueux, essayant d’expliquer à quelques membres plus « techniciens » de l’équipe médicale cambodgienne comment à l’avenir garder ces machines en état de marche. Sur place, nous rencontrons un médecin envoyé par une association américaine, avec une machine qui, s’il savait la faire marcher, pourrait rendre de grands services en salle d’opération ! Matériel réparéMais voilà, le médecin n’est pas un technicien, et un incident technique survenu dans la machine l’empêche de le faire fonctionner ! d’où la nécessité de toujours venir avec un technicien ou un ingénieur biomédical, sinon tous nos efforts d’équipement ne servent à rien, d’autant plus que le matériel est parfois légèrement déréglé par le transport… Nous arrivons donc à point nommé, et David, tel Zorro, remet la machine en état, à la grande joie de tous, et nous la transportons triomphalement dans le bloc opératoire !

Nous continuons notre travail après la pause déjeuner, les hommes installant le matériel, et les femmes discutant des différentes pathologies et des moyens de les traiter, puis distribuant des foulards et des bonbons aux patients avant de partir. Nous serions bien restés plus longtemps pour faire plus de formation par exemple, mais nous nous sommes fixés un dernier objectif : Aller visiter l’hôpital provincial de Siem Reap, destination assez éloignée, et nous ne devons pas tarder, toujours pour les mêmes raisons : La nuit tombe très vite, à 18 heures, et il est très dangereux de rouler la nuit. Au moment de repartir, notre attention est attirée par un enfant d’une douzaine d’années qu’une femme, probablement sa mère, promène dans un fauteuil roulant. Il est très pâle et ses yeux résignés nous adresse un regard dénué d’expression. Il a été lui aussi mordu par un cobra… L’hôpital n’avait pas de sérum, on ne pourra pas le sauver…

Profonde tristesseC’est donc la mort dans l’âme que nous quittons les lieux, notre esprit ne pouvant se détacher de l’image de cet enfant que nous ne reverrons pas… Que faire ? Trouver rapidement des fonds complémentaires pour envoyer du sérum et des nécessaires d’Aspivenin aux hôpitaux, et aussi aux dispensaires disséminés dans les zones proches des forêts.

En route pour Siem Reap

Nous voici donc repartis, cette fois-ci sur une route chaotique : on nous avait prévenu de son état, en grande partie en construction, mais nous avions sous-estimé l’aventure ! Une route de terre semée d’ornières profondes que le chauffeur peine à éviter, les véhicules soulevant des tourbillons de poussière qui viennent recouvrir les pauvres cyclistes qui pédalent imperturbablement le long de la route… Les chaos sont tels que nous sautons sur notre siège pendant presque toute la distance qui nous sépare de Siem Reap, c’est-à-dire pendant près de 7 heures… Nous vous laissons imaginer l’état de notre colonne vertébrale à l’arrivée !

Nous arrivons de nuit, et notre équipe, à part moi qui connais déjà, décide de s’accorder une journée, si ce n’est de repos, mais au moins de visite des temples. Les voici donc partis à 5 heures du matin pour voir le lever de soleil sur Angkor. levé de soleil sur AngkorPour ma part, je reste à l’hôtel pour commencer à faire les rapports de ces différentes journées.

Le lendemain, nous nous rendons à l’hôpital provincial de Siem Reap, dont on nous avait prévenu qu’il était particulièrement pauvre, ce qui tranchait avec les rutilants centres médicaux installés par différentes puissances étrangères, comme le « Angkor Hospital for Children, » monté par le Japon. Il est sûr qu’il est plus valorisant pour l’image d’un pays de monter un beau centre tout neuf que de rénover et d’équiper les hôpitaux pour les pauvres !

L’état des lieux est sidérant : les jardins, si on peut encore appeler cela ainsi, qui entourent l’hôpital sont jonchés d’ordures que personne ne ramasse jamais ! des poubelles, que le soir les rats viennent éventrer, attendent en plein soleil un hypothétique ramassage … Pas étonnant qu’il soit difficile d’endiguer les épidémies dans ce contexte d’hygiène ! Les bâtiments sont non seulement délabrés extérieurement, mais négligés intérieurement… Le Directeur de l’hôpital nous fait visiter les lieux, qui sont eux aussi sous-équipés, particulièrement en proportion de la population de cette région très peuplée : Environ 300 patients se serrent dans des locaux trop exigus et mal entretenus.

Ordures à Siem Reap Entrée délabrée d’un bâtiment Linge empilé dans la cour de l’hôpital

Nous estimons inadmissible les conditions d’hygiènes de cet hôpital : Les autres hôpitaux visités étaient aussi pauvres et pourtant parfaitement propres. L’aspect des lieux tient beaucoup à la personnalité du directeur, qui en l’occurrence a l’air beaucoup plus intéressé par la venue de nouveau matériel que par le bien-être de ses malades ou le respect des normes d’hygiène… Nous décidons donc, comme me le suggérait un médecin de l’Hôpital Calmette que nous avons rencontré depuis, de n’installer du matériel que lorsque les conditions d’hygiène seront satisfaisantes. Affaire à suivre…

Retour à Phnom Penh

Ce jour est aussi celui du retour sur Phnom Penh où nous avons encore bien des contacts à prendre pour les prochaines missions. Nous y arrivons dans la soirée, pour pouvoir le lendemain matin aller à notre rendez-vous avec la Croix Rouge et un médecin de l’hôpital Calmette, Fabienne Plouvier. Réunion riche d’enseignements dont il ressortira l’urgent besoin non seulement de continuer à équiper les hôpitaux de province, mais aussi de former des cambodgiens pour qu’ils deviennent des techniciens ou ingénieurs biomédicaux. Nous évoquerons aussi la possibilité de mettre en place un transport médicalisé pour maintenir les malades afin qu’ils ne meurent pas pendant le trajet entre un hôpital de province et Phnom Penh, lorsque son état impose ce transfert.

Denys et Valérie doivent malheureusement repartir pour la France et il nous faut écourter notre entretien. Nous les raccompagnons à l’aéroport, un peu tristes, mais déterminés à revenir régulièrement poursuivre notre mission. De notre côté, nous allons la prolonger le restant de la semaine sous un aspect plus « administratif » : Prises de contact avec les différents ministères, préparations d’accords multilatéraux avec le pays, rencontre avec d’autres ONG, réflexion sur l’établissement d’un plan de recensement des autres hôpitaux à équiper, etc… Un aspect extrêmement intéressant également.

Et c’est avec regret que, nous aussi, avons du repartir, laissant une partie de notre cœur sur place…
Vendeur de coquillages Vendeuse de soupe Vendeur de viennoiseries

Mais nous pouvons dire en conclusion que cette mission fut une grande réussite, et qu’elle nous a confortés dans l’utilité de nos efforts. Au nom du peuple cambodgien, nous remercions tous ceux, et ils sont nombreux, qui, de près ou de loin, ont contribué au succès de cette entreprise en nous aidant à réunir les fonds nécessaires à la réalisation de cette belle œuvre. Nous espérons qu’ils continueront à nous soutenir et à parler de nous autour d’eux, car nous pouvons soulever nos manches : Il y a encore fort à faire pour améliorer la qualité de soins de tous ces malheureux…

Et vous tous qui avez lu le récit de cette mission et qui avez la chance de vivre et d’être soignés en France, ne restez pas insensible à notre appel : Aidez ceux qui n’ont pas la même chance que vous…

Logo Objectif Cambodge
Carlif

Photos

Retrouvez les photos des spectacles de “Danses Sacrées et Traditionnelles du Cambodge” des 3 et 18 novembre 2006, vous y trouverez non seulement les photos du spectacle lui-même, mais aussi celles des coulisses !

Collecte

Nous organisons plusieurs fois par an des braderies de vêtements qui nous permettent de rassembler des fonds pour nos envois de matériel médical.
Si vous avez des vêtements à donner, propres et en bon état, vous pouvez contacter notre responsable de la Braderie :

  • Mme de Coupigny au : 06 16 37 34 74

Elle vous communiquera les dates et lieux des prochaines braderies, de façon à ce que vous puissiez apporter les vêtements directement sur le lieu de la vente, le jour de l’installation.
Lorsque vous apportez les vêtements, vous avez le droit d’acheter « en avant-première », c’est-à-dire d’avoir accès à la braderie avant que celle-ci ne soit ouverte au public.
Si vous avez un problème de stockage, parlez-en aux responsables, nous verrons ce que nous pouvons faire
Vous pouvez également nous envoyer un mail : contact@objectifcambodge.org